Autour de l'alimentation

Fiche 28 - Lien social :

Histoire des interdits alimentaires


Public

Enseignants collège et lycée.

Formateurs d'adultes.

Objectif

- Comprendre le sens des différents interdits alimentaires.

Notions clés

- Cultures, coutumes, religions, interdits alimentaires.

Idées d'utilisation

- Echanger avec le groupe autour des questions suivantes :
. Quels sont les interdits alimentaires qu'ils connaissent ?
. D'où viennent selon eux ces interdits ?
- Dégager les différentes raisons possibles. à titre d'illustration : raisons sanitaires (embargo sur les produits de certains pays à un moment donné. exemple fromage français, boeuf anglais, raisons médicales (diabète, hypertension...), raisons religieuses (porc pour les Musulmans, crustacés pour les Juifs, viande pour les Hindous), la superstition (chez les Turcs, ne pas donner à manger de lapin aux femmes enceintes pour que
l'enfant ne naisse pas avec un bec de lièvre).
- Donner des explications ou encore mieux fournir les textes à partir desquels les participants en sous groupes vont eux-mêmes trouver ces explications
Éléments de contenu à traiter.
Les religions qui aujourd'hui maintiennent une certaine exigence en matière d'interdits alimentaires sont l'Islam, le Judaïsme et l'Hindouisme, mais les religions anciennes d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique Précolombienne, avaient aussi leurs interdits alimentaires qui s'expliquaient par les mythes fondateurs.
Ainsi l'animal Totem, l'ancêtre mythique du clan ou de la tribu, ne pouvait être consommé.
Les interdits alimentaires ont d'abord un sens par rapport aux croyances les plus fondamentales de la religion qui les énonce.
Dans l'Hindouisme, l'interdiction de consommer de la viande s'explique par la croyance en la transmigration des âmes (Karma) qui peuvent renaître dans le corps d'un animal.
Dans l'Islam, l'interdiction de boire de l'alcool s'explique par l'obligation de prier cinq fois par jour. Aucune prière n'est acceptable si l'esprit de celui qui la prononce est troublé par les effets de l'alcool qu'il a consommé quelques heures auparavant.
D'autres interdits expriment en un langage imagé des préoccupations d'ordre sanitaire ou des préoccupations de décence.
Le Judaïsme en est très riche. En interdisant de manger ce qui vit dans l'eau et ne porte pas d'écaille, la Bible vise sans doute à décourager la consommation de coquillages et de crustacés, souvent cause de graves intoxications alimentaires quand ils ne sont pas frais. L'interdiction de consommer la chair de l'animal qui a le sabot fendu et ne rumine pas (le porc est le seul animal de la création à répondre à cette définition) peut s'expliquer par le fait que la chair des suidés est porteuse de parasites qui peuvent s'avérer nocifs si elle n'est pas conservée de manière appropriée par salage ou réfrigération.
De même, la séparation stricte exigée dans le judaïsme entre les casseroles et les assiettes où l'on prépare et où l'on mange les produits laitiers et les produits carnés, renvoie au commandement biblique : " tu ne feras pas cuire l'agneau dans le lait de sa mère " qui témoigne une volonté de marquer un respect minimal aux animaux consommés.
Toutes les grandes religions prescrivent aussi des périodes de jeûne pour inciter les fidèles à se purifier. Un souci de purgation diététique accompagne souvent cette incitation à l'ascèse morale. Dans le christianisme, cette période, le carême, est situé à la charnière de l'hiver et du printemps et permet de soulager l'organisme saturé des graisses et des nourritures riches consommées pendant la période la plus froide.
Si les interdits alimentaires prescrits par les religions ont conservé jusqu'à aujourd'hui une valeur surtout symbolique, ils témoignent souvent, à l'époque où ils ont été édictés, de préoccupations d'ordre diététique reflétant le niveau de connaissance qui était celui de clergé en la matière.
- Dégager avec les participants un intérêt à respecter les croyances des autres. (on s'aperçoit que ces interdits souvent évoqués comme obstacles à la communication avec certaines communautés sont finalement peu nombreux...)

Thèmes associés

- Alimentation : cultures, histoire et société.

Moyens et supports

- Articles de journaux autour de l'actualité.
- Textes issus de la bibliographie proposée.

Bibliographie

« L'Homnivore : le goût, la cuisine et le corps », Claude FISCHLER, Seuil, 1993.
« Pratiques alimentaires et identités culturelles », Arnaud Colin, Revue Ethnologique française, 1997.
« Histoire naturelle et morale de la nourriture », Maguelone TOUSSAINT, Samat, Bordas, 1987.
« Manger magique - Aliments sorciers, croyances comestibles », CIDIL, Éditions Autrement, Série Mutations Mangeurs n° 149, 1994.
« Pensée magique et alimentation aujourd'hui », CIDIL, Cahier ACHA n° 5, 1996.
« L'Art du bien manger », Nouvel Observateur, Hors Série n° 2802, 1999.